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Chers lecteurs,

Bienvenus dans « les dossiers de Cassandra ».

Ici, vous trouverez des analyses, de la prospective ainsi que des réactions à chaud sur l’actualité ou concernant son interprétation.

Les sujets traités seront en lien avec la politique française et européenne, les relations internationales, l’Histoire, et peut-être, qui sait, des articles qui auront pour ambition de nous faire prendre un peu de hauteur.

Ce blog s’inscrit dans une démarche expliquée dans la rubrique « A propos », aussi, ne s’agit-il pas de plaire, ni même de convaincre immédiatement. Il s’agit d’exercer une action politique à l’échelle personnelle d’un simple citoyen.

Avec ces faibles moyens je tâcherai de jouer mon rôle tant que la situation le permettra.

L’objectif des « dossiers de Cassandra » est de tenter d’éviter qu’une catastrophe se produise d’ici peu, en faisant prendre conscience que nous sommes collectivement responsables de cet état de fait. Il ne sert à rien de se plaindre d’une situation si on l’entretient dans un même temps.

Il est ridicule d’en appeler au renouvellement de la classe politique sans faire l’effort de rentrer dans l’arène politique.

Il faut comprendre qu’un régime démocratique est une lutte incessante des démocrates afin que le pouvoir réside véritablement entre les mains du peuple.

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Bachar a gagné; la guerre ne fait que commencer.

     Aujourd’hui, à Sotchi, Vladimir Poutine rencontrait les dirigeants turc et iranien. La veille, il avait accueilli Bachar Al-Assad, et pour cause; le président russe a annoncé la fin de la guerre de Syrie.

Pour nous, en France, cela signifie avant tout la victoire sur l’Etat Islamique (EI). Nous en réjouir serait fort mal comprendre le phénomène.

Daesh a démontré qu’après la chute d’Al-Qaïda en Afghanistan le mouvement djihadiste était capable de fonder un Etat dans tout le monde sunnite où une zone géographique était abandonnée par les instituions régaliennes officielles. On l’a vu avec AQMI, en Afrique de l’Est et de l’Ouest, en Lybie, en Irak et en Syrie.

En premier lieu, l’EI est encore présent dans cette zone syro-irakienne. Il est possible qu’ils disparaissent, à la condition qu’ils bénéficient de la complicité des Turcs, des Iraniens ou des Syriens, et plus probablement, de la complicité combinée de ces trois régimes. Mais, même si cela se produisait, nous verrions bientôt un nouvel Etat djihadiste surgir à la première occasion dans le monde sunnite.

Ensuite, si à Sotchi Vladimir Poutine a annoncé la fin des opérations militaires en Syrie, c’est donc que la victoire ne peut être réclamée par les Occidentaux. Preuve en est; Bachar Al-Assad est toujours en place, et c’est tout juste s’il ne fait pas partie des vainqueurs officiels. Dans quelques semaines, mille deux cents représentants de toutes les tendances en Syrie, devront se réunir sous l’égide de la Russie afin de trouver un terrain d’entente sur les réformes à apporter au pays. D’une part, on n’imagine sans peine la cacophonie que représentera cette conférence de mille deux cents opposants, desquels, les démocrates progressistes en sortiront les grands perdants. D’autre part, quand on sait que le multipartisme en Russie signifie que des petits partis peuvent exister, à condition qu’ils suivent et ne critiquent jamais la politique du gros parti du président, le scepticisme s’impose, juste par peur de passer pour un imbécile en soutenant que la Russie et Bachar instaureront un régime démocratique après la conférence.

Dans ces conditions, croyez-vous que les réfugiés syriens voudront retourner dans leur pays?

A-t-on trouvé une solution au problème du retour des djihadistes en Europe?

L’absence des Européens, de la France, et des Etats-Unis en dit long sur la nouvelle donne mondiale.

Car il ne s’agit ni plus ni moins que d’assumer un leadership mondial.

La Turquie, membre de l’OTAN, extrêmement proche de l’UE et soutenue par Washington, a joué un rôle plus que trouble lors de l’avancée de l’EI en Syrie; quant à son rôle vis-à-vis des seuls alliés objectifs des démocraties dans la région que sont les Kurdes, il est clairement criminel.

Or, voici que la plupart des musulmans d’Europe se retrouvent, bon gré, mal gré, représentés au niveau des plus hautes instances communautaires, par des dirigeants proches de la mouvance d’Erdogan. On se souvient que ce dernier n’a pas hésité à donner des instructions de vote lors d’élections européennes, selon ses propres intérêts, qu’il a tendance à confondre avec ceux du peuple turc.

La présence turque à Sotchi renforce considérablement le régime de l’AKP.

Et que dire de l’Iran? L’arc chiite est devenu un cercle de feu. Liban, Syrie, et Irak sont ses dépendances du Nord. Le Yémen et le Hamas ses satellites du Sud. On peut y ajouter le Qatar, qui se retrouve au cœur d’un ouragan, et qui, tôt ou tard, devra faire appel plus ouvertement au soutien iranien. L’Arabie Saoudite allait-elle accepter l’encerclement? Supporter sans rien dire la concurrence politique et religieuse? Là encore, quand la France tente de faire entendre sa voix au Liban, lors de l’affaire de la démission d’Hariri, son action est à la diplomatie, ce que le buzz est au journalisme. Très utile en accessoire, mais une perte de temps quand c’est le principal.

Allons-nous percevoir une nette diminution des attaques de véhicules? Des bombes artisanales? Des attaques au couteau, à la machette ou à la hache?

On ne reconnaît pas aux Kurdes un Etat. On va accepter qu’Assad, qui avait ouvert ses prisons pour permettre aux djihadistes de former une armée, gagne la partie alors qu’il était la source du problème.

Combien de soldats des forces spéciales ont combattu auprès des Kurdes, de pilotes, de marins? Combien de Français sont tombés? Leur mort nous permet-elle de peser sur le règlement du conflit? Que vont devenir les réfugiés syriens?

Les régimes russe, turc et iranien nous annoncent, ce 22 novembre, qu’ils ont mis fin à la guerre de Syrie, donc, qu’ils nous protègent, nous les Européens. Ils s’affichent en alliés et en puissances.

Mais, on ne crée pas d’alliance stratégique sans avoir un adversaire. Ce n’est pas la Chine, ni le Japon, l’Afrique appartient déjà à d’autres, et les Américains sont un continent-île, pour l’instant, trop puissant…

 

RS

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Marine et Manu en direct.

       J‘admets ne pas avoir vu venir l’ancien ministre de l’économie; mais, comme prévu, Marine Le Pen est au deuxième tour, et a terminé devant tous ses autres concurrents du premier tour.

Il faut aussi préciser que les affaires touchant François Fillon n’étaient pas encore connues, aussi, était-il impossible d’imaginer l’effondrement de son soutien.

La force de Fillon résidait dans sa présupposée honnêteté, comme je l’ai écrit.

J’admets d’autant plus volontiers m’être trompé dans les détails de mon pronostic, que je pense que le pays a gagné au change. J’adhère nettement plus au discours d’Emmanuel Macron qu’à celui de François Fillon.

Au lendemain du débat qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, cette conviction est renforcée.

Non seulement il a été plus clair, mais, en plus, il a présenté de profonds changements, importants à mes yeux, comme la réduction du nombre des parlementaires et le non-cumul, par exemple.

Mme Le Pen a été parfois violente, parfois cruelle, mais souvent langue de bois, toujours vague et assez vulgaire, comme peuvent l’être certaines bourj qui ont grandi avec papa qui est toujours en réunion.

Malgré tous les efforts des mélenchonistes (i.e. d’un gauchisme ayant pratiquement perdu sa moelle épinière), Marine Le Pen ne passera pas cette fois. Ce qui rend la tâche singulièrement facile pour M. Macron, pourtant sans écurie politique; il fallait l’effondrement de LR pour qu’il accède au second tour, ce que les mélenchonistes nieront.

Mais y a-t-il raison de se réjouir, ou même d’espérer?

Dans la Ve République le président ne gouverne pas. Le premier ministre avec le gouvernement représentant la majorité de l’Assemblée nationale dirigent le pays. Donc, sans majorité, M. Macron ne pourra pas appliquer son programme. Et il n’aura pas de majorité. J’entends par là, qu’il pourra sans doute dégager une coalition dont En Marche serait le centre, mais que cette coalition ne pourra pas durer, parce que les personnes peuvent changer d’étiquette politique, mais elles ne peuvent se changer pour autant. M. Macron jouera le rôle d’un président du Conseil sous la IVe République. Mais il ne démissionnera pas et, dans moins de trois ans, il sera obligé de dissoudre.

Un parti nouveau comme En Marche ne pourra pas s’opposer à une grande part de proportionnelle pour les législatives, ce qui pourrait offrir 30% des sièges à un Rassemblement Bleu Marine incluant le FN, mais pas Debout la République, ou d’autres qui pourraient émerger après l’explosion de LR. Car il paraît fort improbable qu’une majorité de droite républicaine puisse se dégager lors des prochaines élections. Ils vont être sûrement le premier parti au parlement dans les deux chambres, mais, avec les alliances, je ne doute pas beaucoup du potentiel attractif d’un portefeuille ministériel, et qu’Emmanuel Macron saura persuader assez de monde pour dégager une majorité éphémère.

Mais, ce que j’exclus totalement, c’est une victoire du PS.

Et si, encore une fois, je me trompais et que LR allait remporter les législatives, il serait encore plus certain qu’ils n’appliqueront pas le programme de M. Macron.

Ce que je veux faire ressortir, c’est que Macron ne pourra jamais mener sa politique et ses réformes.

Les syndicats vont tout bloquer à la moindre tentative de réforme puisque la gauche de gouvernement est assimilée à la droite, voire, à l’extrême-droite.

Donc, les résultats ne seront pas au rendez-vous.

De même, je crains que les djihadistes n’épargnent pas particulièrement la France ces prochaines années, ni que le futur chef de l’Etat insufflera l’amour de la patrie à toute une partie de nos concitoyens.

Ce qui est dommage, c’est que Marine le sait, et qu’Emmanuel ne l’a visiblement pas compris. Il échouera. Il a été choisi pour assurer le fardeau d’être celui qui sera obligé de donner les clés de la République au clan Le Pen.

Marine Le Pen ne veut pas du pouvoir en 2017. Il lui faut une équipe gouvernementale, et sa seule façon de l’obtenir serait de profiter de la déconfiture de la droite républicaine. Il lui faut moins de cinq ans pour cela (d’où le rôle d’opposante, et non de présidentiable, qu’elle a joué hier soir)…

Parce que ce qui fait la différence entre les pourris, les incompétents et les lâches qui nous gouvernent depuis plus de quarante ans et Le Pen et Mélenchon, c’est que ces derniers, une fois au pouvoir, réduiront encore plus drastiquement les possibilités des citoyens de s’opposer à leurs politiques ou celles de jouir de leur liberté d’expression politique.

Une fois au pouvoir, je ne vois pas le FN le remettre au suffrage universel sans avoir bien faussé le jeu en amont. C’est donc pour cela que la constitution d’une équipe gouvernementale est le véritable enjeu actuel pour Marine Le Pen.

Ce n’est pas très compliqué, il lui suffit de ne rien faire et de laisser venir à elle des élus désireux de conserver leur siège quand elle sera à 45% dans les sondages. Je promets de gros «chocs».

Instabilité parlementaire et explosion du paysage politique sont les deux ingrédients principaux pour un changement brutal de régime. Pour l’heure, jamais ce ne fut au bénéfice d’une révolution prolétarienne dans les sociétés dans lesquelles la classe moyenne était dominante.

Mais selon Mélenchon et son électorat de bobos, je n’ai rien compris.

 

RS

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Pronostics sur des canassons.

       Nous voilà en France à la veille d’élections nationales majeures.

L’incertitude qui plane sur le devenir proche de notre vie politique n’est pas un phénomène typiquement français, mais c’est celle qui nous intéresse ici.

Puisque les présidentielles vont influencer le résultat des législatives, il semble logique de commencer par étudier ce volet.

De gauche à droite, et sans compter les micro-candidatures, nous aurons Mélenchon, Jadot, le candidat issu de la primaire des gauches, Macron, peut-être Bayrou, Fillon, Dupont-Aignan et Le Pen.

Cette dernière est certaine d’arriver en première place pour le second tour. Je persiste à penser que si, par malheur, plus de deux attentats majeurs se produisaient en France, d’ici le mois de mai 2017, Marine Le Pen pourrait se faire élire dès le premier tour avec 50% plus une voix.

Cependant, je ne crois pas que cela sera possible aux islamistes et que cette éventualité se concrétisera.

Aussi, le candidat arrivé en seconde position du premier tour deviendra certainement le futur chef de l’Etat, sauf s’il s’agit de Jean-Luc Mélenchon. La France a trop fait reposer sa richesse sur le patrimoine pour que la majorité des Français ne préfèrent pas l’extrême-droite à l’extrême-gauche, si les évènements les réduisaient à faire ce choix.

Malgré tout, il n’est pas impossible que Mélenchon parvienne à percer, car si Macron prend plus de voix à droite qu’à gauche et que le candidat désigné par la gauche de gouvernement soit un Montebourg, un Hamon ou un Filoche, l’électorat de gauche sera plus enclin à tenter la carte Mélenchon.

En fait, même si Manuel Valls sortait vainqueur des primaires, il ne sera pas à plus de cinq points au-dessus de Jean-Luc Mélenchon.

C’est ce qui me pousse à dire qu’avec à peine 20% au premier tour, François Fillon est sûr de devenir le prochain président de la République. Si Alain Juppé ou même Nicolas Sarkozy avaient été élus, ils auraient gagné avec un score similaire.

Il est donc plus que probable que LR remporteront la majorité des sièges à l’Assemblée, lors des législatives à suivre. Vu que l’on ne connaît pas encore exactement les modalités de cette élection (proportionnelle ou pas et quel degré de proportionnalité), il serait bien hasardeux de prédire le nombre de sièges du FN, mais deux choses sont prévisibles d’ores et déjà: d’une part, il y aura au moins une dizaine de députés FN ou affiliés, et, d’autre part, le FN ne représentera pas 30 à 35% des membres de l’Assemblée nationale, alors que ce sera le résultat de leur présidente aux présidentielles.

Ajoutons à cela, les blocages syndicaux auxquels François Fillon devra faire face, un redressement économique qui n’interviendra pas puisqu’il ne dépend pas de la politique d’un gouvernement précis, mais d’une conjoncture internationale qui se moque pas mal de la santé économique de quelques pays européens. Je vois mal les barons LR soutenir un Fillon contre vents et marées, surtout si, de surcroît, les attentats ne cessaient pas… Et François Fillon n’a rien compris au problème; il en a fait un livre.

Evidemment, normalement, le PS ne devrait pas survivre aux deux défaites qui l’attendent en 2017.

Avec l’expérience que l’on a de cette formation, il est pourtant probable que le PS se maintienne en vie, de par l’acharnement thérapeutique de la part de mammouths qui auront tout à perdre à voir disparaître la vache (sacrée) à lait qui les nourrit depuis des décennies.

Il est clair qu’Emmanuel Macron ne correspond pas à un quelconque renouveau de la gauche. Il est le Lamartine de son temps, le talent littéraire en moins, l’honneur de se faire comparer, en plus.

Si la gauche persiste dans son choix de favoriser l’extrême-droite, juste pour se différencier de la droite sur le seul domaine de l’islamisme, alors, la gauche n’a plus de futur. Car une fois Marine Le Pen au pouvoir en 2022, il n’y aura plus de gauche.

Ce qui est assez ironique, lorsque l’on pense que ce serait plus aux niveaux économiques et sociaux que gauche et droite devraient se disputer le gouvernement, en faisant montre d’unité face à une agression étrangère, mais ils font l’exact opposé.

Cependant, le PS ne pourra pas non plus sortir indemne des élections de 2017. Il y aura scission et au moins un nouveau parti émergera. S’il ne propose pas un nouveau cadre idéologique aux progressistes, raisonnable et adapté, alors ce parti ne servira à rien d’autre qu’à faire mousser un personnel aveuglé par l’ambition et totalement déconnecté des attentes des citoyens.

Il n’y a que cinq ans pour agir.

 

RS

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François Fillon en tête de la primaire à droite.

       A l’issue du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon et Alain Juppé seront les deux personnalités en lice le 27 novembre prochain pour la désignation du candidat officiel.

François Fillon est arrivé en tête du scrutin et est en bonne voie pour remporter l’investiture de son camp politique.

Donné perdant jusqu’à très récemment, le dernier débat télévisé des sept candidats a manifestement été un tournant pour l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Du point de vue de l’électorat de droite, le résultat d’hier indique une adhésion, mais aussi des rejets.

Bruno Le Maire et NKM ne comptaient pas vraiment devenir les futurs présidents de notre République; ils se positionnaient pour leurs propres carrières. Tactique classique s’il en est. Malheureusement pour lui, Jean-François Copé, qui a adopté la même démarche, n’en tirera aucun bénéfice.

Les électeurs ont rejeté Nicolas Sarkozy; la perspective de rendre fou l’électorat de gauche ne fut pas suffisante.

Car la droite souffre, et elle souffrait avant 2012. Depuis Chirac (en réalité, dès Giscard, ce fut le cas), nous avons l’impression que la droite est avant tout libérale, alors qu’elle est plutôt conservatrice, mais elle n’a pas eu de leader sérieux jusqu’à ce que François Fillon se mette en avant. La droite est autant libérale que la gauche quand celle-ci accède aux commandes et cela n’a échappé à personne. Le sujet du traitement de la fonction publique n’existe que parce qu’il représente des enjeux électoraux cruciaux pour la gauche qui perd des pans entiers de son électorat classique. Les gens qui votent pour la droite expriment plus le souhait que la société française demeure figée dans les trente glorieuses, voire, les années 1990 pour les plus jeunes, que celui de supprimer le RSA et la CMU. La présence symbolique de M. Poisson n’a fait que confirmer cette thèse, tout comme l’importance du soutien des mouvements actifs dans la «Manif’ pour tous».

Le PS a obtenu ce qu’il voulait: empêcher le retour d’un Sarko que l’on sait revanchard. Mais il n’a pas réussi à imposer Juppé pour l’instant. Les conservateurs ne sont pas tombés dans le panneau de soutenir un homme condamné, et il est peu probable qu’ils le fassent lors du second tour, mais pas impossible, avec la structure ouverte des primaires.

Il faut bien souligner que si Juppé n’est pas arrivé en tête, c’est parce que seuls les sympathisants de la droite et du centre se sont déplacés. La gauche et l’extrême-droite n’ont pas influencé le résultat.

Même si le passé judiciaire de Juppé semble faire moins honte que les affaires en cours dans lesquelles Nicolas Sarkozy est cité, les électeurs de droite ne veulent plus rougir de leurs dirigeants.

Enfin, François Fillon possède sur Alain Juppé l’avantage de l’âge pour un camp qui entend bien se maintenir au pouvoir en 2022. Et ils pensent, comme tout le monde, que Fillon ne sera pas pire que Hollande, comme la majorité était certaine que Hollande ne pouvait pas faire pire que Sarkozy.

Pensez: Fillon veut abolir les 35 heures. Quelle réaction peut-on attendre du monde syndical? Est-ce que cela n’entravera pas la reprise économique qu’il prévoit?

Afin d’éradiquer Daesh, il veut ouvrir une ambassade à Damas. Mais ce ne sont pas les moudjahidins en Syrie qui nous attaquent. Quid des réfugiés qui se sentiront trahis si l’on renoue des liens avec Assad?

Fillon veut se rapprocher de la Russie de Poutine, il n’est pas le seul, Mélenchon et Le Pen ne prônent rien d’autre. Faut-il vraiment autant aider les Etats-Unis à se désengager après l’élection de Trump? Parce que la conséquence directe sera que l’Europe se retrouvera seule, divisée et en première ligne et ainsi elle sera obligée de faire de lourdes concessions aux pires régimes qui l’entourent.

A la rigueur, avec un réseau et des relais, François Fillon pourrait se représenter en 2022, même si son quinquennat sera aussi difficile que celui de ses prédécesseurs, et certainement encore plus s’il applique son programme, mais François Fillon devra gouverner sans appui, pas même dans son camp passé maître dans l’art du sabordage.

C’est la situation qui empêche aujourd’hui François Hollande de briguer un second mandat. Le candidat à la candidature François Fillon doit donc, dès à présent, structurer une équipe de fidèles compétents s’il ne veut pas finir comme ceux à qui il s’oppose aujourd’hui et devenir le président sous qui l’instabilité parlementaire se sera installée. Une place, jusque là, réservée à Alain Juppé.

Bonne chance!

 

RS

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Trump et nous.

       L‘élection de Donald Trump à la Maison Blanche est un événement mondial, cela n’aura échappé à personne.

Il n’en reste pas moins que l’enjeu est avant tout américain.

Aucun président ne peut, seul, changer la politique américaine. Non seulement le Congrès (surtout le Sénat) est primordial dans le système institutionnel américain, mais surtout, l’Administration n’est pas modifiée du tout au tout avec l’arrivée d’un nouveau président.

L’Etat-nation a prospéré dans le cadre d’un système capitaliste industriel où le siège du pouvoir se trouvait dans des parlements sensés représenter le peuple.

Puis, les démocraties (chacune à son rythme) sont peu à peu passer de l’Etat-nation à l’Etat-providence. Aux Etats-Unis le processus s’est effectué entre les deux guerres, en Europe, principalement après la Seconde guerre mondiale.

Ce passage s’est accompagné d’une modification du système économique dans lequel l’élément financier prédomine la dimension productiviste et industrielle. Glissant ainsi du cadre capitalise pur à celui du libéralisme financier, l’Etat-providence n’a plus besoin d’une nation de citoyens, mais de consommateurs; le centre décisionnel politique s’est donc translaté des parlements aux administrations.

L’élection de Trump ne changera pas grand chose directement.

Les mesures qu’il a annoncées tout au long de sa campagne ne seront pas mises en application pour la plupart, car tout changement brutal entraîne une incertitude économique, renforcée par le fait que Trump a une approche plus capitaliste que financière. Or, dans une économie tenue par la finance, cela signifie une crise financière dans une Amérique sur-endettée, avec les conséquences planétaires que cela engendrera.

Nous vivons encore, en Europe, le contre-coup de la crise des subprimes de 2008.

L’Administration américaine va donc le mettre sous tutelle, comme elle l’a fait en matière de défense avec Obama.

Nous connaissons sur le vieux continent, et particulièrement en France, un schéma similaire, mais néanmoins différent.

Aucun mouvement politique n’a pu encore faire un constat juste sur l’état du monde après la chute du bloc soviétique, et de cette faute d’appréciation découle une accumulation d’erreurs qui mettent le régime démocratique en danger.

La division factice entre gauche et droite de gouvernement n’a aucune incidence pratique sur le terrain, elle ne sert que les intérêts d’un personnel professionnel de la politique; des politiciens qui considèrent les électeurs comme des clients. Alors on doit faire appel à leurs sentiments, avec démagogie, on joue sur leurs peurs, avec leurs croyances religieuses, leurs haines et leur mesquinerie.

Les citoyens s’impliquent de moins en moins dans la vie politique et cessent de voter, d’autres fuient vers les extrêmes, ou encore, ils se cramponnent à leur famille politique avec le fanatisme des sectaires.

La divergence de points de vue n’est plus la richesse d’un débat mené de bonne foi avec comme seul objectif l’intérêt général, mais une lutte fratricide au sein d’une même nation.

C’est ce que veulent les professionnels de la politique… Tant que les extrêmes peuvent être contenus par des aides sociales et la sécurité d’une société en paix.

Mais quand les gouvernants ne peuvent plus garantir la prospérité, ni la sécurité, ni même la paix, alors, les extrêmes se renforcent : c’est la situation de la plupart des pays occidentaux actuellement.

Dès ce constat posé, la question qui s’impose est celle du tempo des alternances.

Je m’explique: le système politico-économique dans lequel nous vivons se meurt, aussi l’enjeu primordial de tout démocrate de nos jours n’est plus l’environnement, l’économie ou le droit social, mais bel et bien la préservation du régime démocratique duquel toutes les solutions dépendent. Or, d’une part, l’extrême-gauche n’a aucune chance de parvenir au pouvoir dans des pays dans lesquels la classe moyenne est majoritaire, et d’autre part, l’extrême-droite ne passe au pouvoir qu’après l’échec de la gauche ou avec l’explosion de la droite conservatrice. Souvenons-nous que l’extrême-droite n’est pas conservatrice, elle est révolutionnaire, mais elle s’appuie toujours sur une base réactionnaire, constituée de conservateurs qui ont une peur-panique d’un bouleversement qu’ils imaginent inéluctable et à leur détriment.

Si l’on prend le cas de la France, cela ressort clairement: Chirac et Juppé ont démontré qu’ils ne pouvaient pas mieux faire que Mitterrand et Balladur; après la dissolution, Jospin a démontré qu’il menait une politique clairement libérale. Le 11 septembre, la montée du phénomène islamiste en France, sur fond de seconde intifada importée sur le sol de la République, et qui a donné le spectacle navrant que la «rue arabe» et ses cortèges fanatisés et violents faisaient désormais partie du paysage urbain français; tous ces éléments ont conduit à faire passer Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002.

Ce n’est donc pas sans cohérence que cinq années plus tard, les Français ont préféré la droite dure de Sarkozy, à la « France juste » de Royal.

Dès lors, la montée des extrêmes était immuable en l’absence d’un renouvellement doctrinal de la gauche. La gauche gouvernementale a davantage assumé un libéralisme total, et la gauche contestataire n’a gardé de l’époque soviétique que le caractère idolâtre des pires régimes du monde actuel. Bref, une entreprise de haute trahison, payée par nos impôts.

C’est pour cela qu’il fallait voter Sarkozy en 2012, pour au moins se donner les moyens d’espérer que la gauche prenne le temps d’offrir une vision neuve de la politique, qu’elle en ait la possibilité.

Parce qu’une gauche non préparée, sans véritable projet, ne pouvait qu’échouer dans le contexte économique et international du siècle naissant.

Puisque la droite molle s’était manquée, suivie par la droite dure, puis par la gauche molle, et qu’il ne faut pas s’attendre à ce que l’extrême-gauche remporte la majorité des voix dans un pays riche comme la France, nous comprenons que la montée au pouvoir de l’extrême-droite est imminente et que seuls des sursauts (que l’on pourrait qualifier de spasmes si l’avenir se révélait être sombre) seraient à même de contrer pour encore quelques années.

Plus les citoyens tarderont à faire émerger un nouveau mouvement progressiste, moins il y aura de chances de parvenir à devenir une force qui puisse arrêter l’ascension de l’extrême-droite.

Donald Trump s’est fait élire 45e président des Etats-Unis, où l’extrême-droite est exclue du pouvoir depuis au moins Lincoln. Il ne sera pas un bon président, et ce choix aura de graves conséquences aux Etats-Unis et dans le monde. Mais après lui, les démocrates passeront, même s’il effectue deux mandats.

Si Marine Le Pen devient Présidente de la République, qui veut parier qu’il y aura d’autres élections libres après?

RS

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Nos ancêtres les Gaulois?

       Nicolas Sarkozy a réussi à créer la polémique avec une expression pourtant banale, selon laquelle les Gaulois seraient nos ancêtres dans le roman national.

Cela fait belle lurette que l’on n’enseigne plus ce mythe à l’école, mais vaut-il le tollé qu’il a soulevé?

D’un point de vue historique, nous savons que la Gaule est une fiction inventée par les Romains. Les autochtones ne se définissaient pas en tant que Gaulois, mais selon le peuple celte auquel ils appartenaient; Paris était la cité des Parisii, voisins des Sénons qui vivaient entre Seine et Marne, etc.

Les concepts de Gaule et de Gaulois sont donc des commodités de langage imposés par Rome.

Certains vont même jusqu’à affirmer que puisque la France est un processus de construction historique (comme si un Etat échappait à cette règle humaine), il serait impossible d’utiliser des expressions vulgarisant son histoire.

Cependant, tous s’accordent sur le fait que des peuples celtes vivaient sur le territoire actuel de la France avant et pendant la période romaine. Ces peuples étaient les habitants majoritaires de ce qui deviendra l’hexagone. Evidemment, des étrangers venaient s’installer sur cette terre riche, et en premier lieu des latins, mais il n’y eut pas colonisation massive de la «Gaule».

En effet, dès Jules César, Rome s’agrandit d’un territoire qui va comprendre la France actuelle en débordant ses frontières, et va l’appeler «Gaule», tout en le divisant en plusieurs entités administratives. Donc, d’un point de vue historique, après la révolte menée par Vercingétorix, la Gaule va devenir une réalité géographique et juridique. Quant aux Gaulois, ils vont bénéficier rapidement de la citoyenneté romaine et s’intégrer à l’empire avec la même célérité. D’ailleurs les recherches contemporaines tendent à prouver qu’il existait déjà une culture gallo-romaine avant l’annexion officielle.

Aussi, nous pouvons affirmer que la majorité de la population de cette Gaule était celte, et que dès lors, il n’est pas inconcevable de la mentionner en tant que Gaulois afin de distinguer ces derniers des autres Romains.

Vers l’époque de la chute de Rome, le Sud du pays va être divisé entre régions dominées par les Wisigoths et régions dominées par Rome avec ses maîtres Goths. Le Nord, ressortissait officiellement de Rome, mais la réalité révélait de vives rivalités entre les métropoles du Nord, aggravées du fait des tentatives d’invasions successives germaniques et asiatiques.

Les Francs vont devenir les maîtres de cette Gaule, dès la fin du Ve siècle, mais, il s’agit de quelques milliers de cavaliers qui vont soit mourir au combat, soit, souvent se mélanger par mariage avec la classe sénatoriale gallo-romaine. Bref, la vaste majorité de la population, est demeurée la même que sous la domination romaine.

Aucun historien sérieux ne peut parler de la Guerre de Cent ans comme d’une forme de colonialisme anglais, et de plus, la France a gagné la guerre.

Donc, si nous considérons que l’immigration est l’installation d’étrangers sur un territoire donné, et que l’immigration n’est pas synonyme d’invasion ou de colonialisme, nous pouvons comprendre facilement que le phénomène désigne une minorité qui pénètre le corps social d’une majorité.

Ainsi, il n’est pas si absurde que cela de dire que la majorité des Français a des ancêtres Gaulois.

L’intolérable serait d’affirmer que pour être Français il faudrait avoir des ancêtres Gaulois.

Ce qui serait aussi une contre-vérité, serait de nier le lien qui existe entre la majeure partie des Français et les habitants qui occupaient le pays il y a deux mille ans, juste parce que cet héritage s’est enrichi d’apports étrangers.

La réaction la plus intéressante fut celle de Jean-Luc Mélenchon. Il a parfaitement compris que l’ancien Président avait utilisé l’expression pour exprimer sa conception de l’intégration, et Mélenchon a dit que lui, préférait faire référence à 1789 plutôt qu’aux Gaulois.

Puisque la France est une construction permanente, alors le débat est forcément ouvert concernant le contenu que l’on veut donner au concept de «France».

Il s’agit d’un débat hautement symbolique ayant des répercussions sur l’image collective d’une nation. Aussi, s’il me semble dangereux de prendre trop de libertés avec l’Histoire, de même, refuser toute référence au passé de notre pays au seul motif que ce passé serait trop complexe pour que l’on puisse donner un nom aux habitants qui l’ont peuplé il y a deux mille ans est tout autant pernicieux.

En effet, pourquoi ces historiens de gauche (en se définissant ainsi eux-mêmes, comme le rapporte le journal Le Monde, ils se dénient le titre de scientifiques) n’appliquent-ils pas leur raisonnement en-dehors de la France? Et même, soyons fous, en-dehors de l’Europe?

Aucun d’entre eux pour prendre la plume sur le sujet de l’Algérie arabe ou amazigh. Aucun historien activiste qui juge tenu le lien entre les bâtisseurs des pyramides et les Egyptiens d’aujourd’hui.

Bref, quand tout le monde sait bien que par «nos ancêtres les Gaulois», il faut entendre: «les premiers habitants dont nous possédons des traces écrites de notre territoire national, auxquels nous rendons hommage en faisant remonter notre histoire jusqu’à eux»; seuls ceux qui choisissent de lancer des polémiques d’arrière-garde prennent sur eux la faute d’envenimer un débat qui n’a pas besoin de l’être davantage à l’heure actuelle.

Car, au final, le choix est simple: soit l’on écrit ensemble le «roman national», quitte à en simplifier la trame pour le rendre compréhensible par tous, soit, afin d’éviter d’entrer dans une quelconque polémique historique, l’on décrète que l’Histoire nationale n’a aucun sens. Dans le second cas, on interdit aux nouveaux citoyens de s’approprier le patrimoine national, ce qui les exclut de la communauté qui préexistait à leur arrivée et qui les a accueillis. L’exact opposé de ce que recherchent les historiens se disant de gauche…

 

RS

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De la guerre civile en France.

       Après la prise d’otages dans l’église de St-Etienne-du-Rouvray, au cours de laquelle deux assaillants islamistes ont égorgé un prêtre âgé de 84 ans et blessé un paroissien, Hervé Morin, ancien ministre de la défense, a utilisé l’expression de «guerre civile», en exprimant ses craintes sur les réactions possibles à cette vague d’attaques islamistes sur les sols européen et français.

En mai dernier, Patrick Calvard, directeur de la DGSI, fut le premier à tirer la sonnette d’alarme concernant une éventuelle spirale de représailles de la part de l’ultra-droite.

Cependant, depuis des années, beaucoup avaient prévu que notre société allait au devant de troubles internes très violents.

D’abord, il faut s’entendre sur le terme de guerre civile; une guerre de sécession n’est pas une guerre civile, tout comme une révolution ou une invasion.

La guerre civile est le conflit qui oppose différentes composantes d’une société au sein de ses frontières, dans une période où l’Etat est impuissant ou a disparu.

Il y a donc toujours plus de deux factions qui combattent, et ce n’est qu’a posteriori que l’on peut juger la nature de violences internes de façon certaine, car la guerre civile qui n’aboutit pas sur une réconciliation nationale est soit une révolution, soit elle a entraîné la disparition de l’entité étatique antérieure (ex-Yougoslavie, par exemple).

Aussi, c’est à la lumière du contexte dans lequel surviennent les violences que l’on peut le plus sûrement prévoir leur dénouement.

Selon le dernier sondage de l’Ifop, 67% des Français ne souhaitent pas voir Marine Le Pen à l’Elysée, ce qui démontre qu’entre les 11 et 13 juillet derniers, il lui aurait fallu convaincre 17% des électeurs, plus une voix, qu’elle fût meilleure à la tête de l’Etat que l’autre candidat du second tour pour gagner. Opération facile face à Mélenchon, Hollande et Sarkozy. Mission impossible contre Juppé.

Peut-on réellement affirmer que le nombre de 17% n’a pas diminué depuis le moment du sondage?

Quelle que soit la tournure que prendront les événements prochains, le FN est bien trop proche du pouvoir pour lâcher du leste à des sympathisants impatients d’en découdre.

C’est précisément lorsqu’il est aux portes du pouvoir qu’il faut se souvenir ce pourquoi le FN n’est pas un parti comme les autres. Si tous ses cadres et militants ne sont pas des racialistes totalitaires, tous les racialistes totalitaires sont au FN.

La discipline n’est pas une option dans ces courants de pensée, car sans discipline il ne peut y avoir de supériorité.

Alors que l’on m’explique comment et pourquoi, maintenant, justement, le FN utiliserait la force? Le FN, au cas où on ne l’aurait pas remarqué, n’a plus besoin de parler depuis 2012, hors temps électoral, presque pour la forme. Il laisse le terrorisme semer la terreur, la droite et la gauche se discréditer et se diviser, l’Europe s’effondrer, puisque tout semble aller dans son sens.

Au sommet du FN, l’on considère chaque graffiti raciste sur une mosquée comme une action retardant l’adhésion d’électeurs encore rebutés par un racisme crasse et vulgaire.

Au contraire, des affaires ont prouvé les liens entre les milieux d’extrême-droite et les islamistes, voire avec les émeutes dans les banlieues dites sensibles. L’islamisme nourrit le FN bien mieux que cent crises financières.

Il faut aussi rappeler que la mouvance Soral-Dieudonné est la vitrine dans laquelle s’affichent côte à côte des islamistes, des suprémacistes Noirs et des skinheads, que cette mouvance a des liens étroits avec le régime khomeiniste, et qu’elle est le fruit de la volonté du FN actuel d’élargir sa base électorale à ses futures victimes.

Toute la stratégie de conquête de pouvoir de Marine Le Pen et de son équipe s’effondrerait en permettant que la violence émane de leur camp.

Je suis convaincu que nous n’aurons pas de guerre civile en France, du moins jusqu’en 2017. Car, si elle passe, le terrorisme, et les émeutes qui ne manqueront pas de survenir, pendant qu’aucune majorité ne se dégagera à l’Assemblée, lui donneront l’occasion de mettre toutes les forces de l’Etat au service de sa politique. Ce sera un massacre; au mieux, la déportation et la spoliation arbitraire de millions d’individus, au pire, la déportation sera le prélude à un génocide. Mais dans tous les cas, la fin de la démocratie, la guerre, et l’effondrement d’une civilisation européenne placée sous la férule de la Russie, accompagneront ces crimes.

Si elle ne passe pas, c’est que Juppé aura réussi à neutraliser Sarkozy et  Fillon, sans oublier le centre et toute la gauche, car il me paraît de plus en plus clair que Hollande ne pourra demeurer au pouvoir que s’il faisait un coup d’Etat. Hollande n’a aucune chance face à Marine Le Pen aujourd’hui.

Donc, à l’heure où l’on ne peut que constater les limites des ambitions de prospérités universelles affichées par le libéralisme, où l’on subit un terrorisme islamiste en plein essor, où il est nécessaire de reformer l’Europe et la vie politique, nous, en France, sommes sur le point d’avoir pour Président de la République, Alain Juppé; libéral, conservateur, premier ministre sous lequel les plus grandes grèves eurent lieu depuis mai 1968, premier ministre lors des attentats du RER St-Michel et condamné par la justice. Il aura comme principal parti d’opposition le FN… Du pain bénit pour le clan Le Pen.

Il n’est même pas sûr que Juppé puisse mener son mandat à terme, tant les difficultés qu’il aura à surmonter seront grandes et ses moyens, pour les appréhender correctement, limités.

Marine Le Pen et ses sbires veulent le pouvoir, mais à leurs conditions. La refonte en profondeur des institutions de notre République sera nécessaire, et donc, cela ne pourra s’effectuer que lors de circonstances de désordres profonds. Ils se disent que plus ils attendent, plus la situation sera mûre et leur projet antidémocratique facile à achever, puisqu’ils sont les mieux placés pour savoir qu’il n’y aura pas de guerre civile tant qu’ils n’en voudront pas.

Tant qu’une nouvelle gauche n’émergera pas, nous serons donc des cibles en foire pour les islamistes, certains de nos quartiers vont s’embraser davantage, nos élites continueront de nous prendre pour des imbéciles en passant pour des bouffons, jusqu’à ce que Marine Le Pen arrive au pouvoir, et que le processus infernal ne s’enclenche avec la bénédiction d’une population véritablement à bout.

Tout compte fait, il semblerait même qu’elle ne veuille pas d’une présidence qui la forcerait à faire des concessions politiques dans quelques mois; elle a déjà opté pour un début de règne absolu dans les années 2020.

Non, d’ici 2017, il n’y aura pas de guerre civile.

 

RS

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