Dossier: Le Brexit et ses conséquences. Part. 2

Les conséquences du Brexit pour le Royaume-Uni (suite).

Les conséquences à court terme.

Vendredi 1er juillet 2016, la famille royale d’Angleterre, accompagnée de David Cameron, s’est rendue en France afin de participer aux cérémonies de commémoration du centenaire de la Bataille de la Somme.

Lors du référendum, les personnes âgées de plus de 65 ans sont celles qui ont le plus voté en faveur de la sortie de l’UE (Union Européenne). Avaient-elles pensé qu’avec leur décision elles offraient l’Europe continentale à la domination allemande? Les Anglais ont combattu pendant les deux guerres mondiales pour aboutir à capituler sans se battre en pleine période de paix. Les Anglais ne sont apparemment pas rancuniers.

Ainsi en est-il de la mémoire de ceux tombés pour notre liberté, mais s’il ne s’agissait que de cela.

Les Britanniques, en sortant de l’UE, ont aussi entamé un processus, qui, me semble-t-il, causera des dommages bien plus profonds pour le Royaume-Uni (RU), et sa disparition en tant que tel, n’est pas inenvisageable.

Dès le lendemain du vote, le SNP, le parti national écossais, a fait savoir que son intention était de rester dans l’Union. Et, dès le lundi de cette semaine tumultueuse outre-Manche, les politiques écossais ont réclamé un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Le résultat du référendum sur le Brexit en Ecosse ne fait pas de doute concernant la volonté d’une majorité d’Ecossais de demeurer au sein de l’UE. De plus, le sentiment pro-européen a été un facteur décisif lors du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2015. Le rattachement au RU fut alors présenté comme la garantie du rattachement à l’Europe.

Il en va de même en Irlande du Nord, mais avec un passif bien plus récent. Lorsque l’on s’aperçoit que la répartition des votes du référendum correspond aux zones catholiques et aux zones unionistes, il ne faut pas négliger la possibilité qu’au sein des 40% d’Ecossais qui ne voudront pas sortir du RU, émerge des groupuscules violents unionistes, comme en Irlande du Nord.

Remarquons aussi la situation brusquement devenue précaire de Gibraltar, de même, que si des troubles venaient à surgir en Irlande du Nord et en Ecosse, il faudra aussi prévoir qu’un mouvement nationaliste gallois voit le jour, car, après tout, les Gallois sont ceux qui reçoivent le plus d’aide de l’UE au RU.

Il est fort probable que le futur gouvernement s’opposera à tout référendum écossais. En revanche, il sera pratiquement obligé de l’accorder en Irlande du Nord dès qu’il sera réclamé.

Ainsi, dans les deux ans, le RU perdra l’Irlande du Nord, ce qui ne sera même pas un gage de paix et de prospérité, ni pour la Grande-Bretagne, ni pour l’Irlande du Nord, tout au contraire.

Après ce référendum pour l’indépendance de l’Irlande du Nord, le gouvernement conservateur devra démissionner, ce qui donnera encore un ou deux ans à la prochaine majorité pour reporter le problème de l’indépendance de l’Ecosse.

Mais, si l’Irlande du Nord ne sort pas du RU (certainement sous la pression de Dublin), avant la sortie de ce dernier de l’UE, c’est que l’Ecosse, elle, aura obtenu son indépendance, ou sera tombée en situation pré-insurrectionnelle de toute façon.

Le champ d’expression de courants politiques violents est ici à souligner. La conjoncture britannique pousse les radicaux de gauche à se radicaliser, ceux de droite, à prospérer.

Les nationalistes indépendantistes, les nationalistes unionistes, et les racistes profiteront de cette atmosphère de déconfiture, qui est leur biotope historique, pour ainsi dire.

Quand le RU ne fera plus partie de l’UE, les gouvernements de Sa Majesté, qui se succéderont dans les quelques années à venir, devront faire face à ces menaces sécuritaires, qui s’ajouteront à la menace islamiste. Ce ne sera pas un plus pour l’économie anglaise.

Enfin, il faut exclure un nouveau référendum dans un futur proche, à moins de prendre le risque volontaire de plonger le pays dans la division absolue. La démocratie s’est exprimée, les citoyens doivent être responsabilisés. Les Britanniques ne peuvent plus vraiment se défausser sur leurs politiciens, ni eux sur l’UE.

Voilà qui devrait nous donner à méditer.

Ces sombres prévisions sont à prendre avec la réserve suivante: la chance, le génie humain ou un ensemble de facteurs aléatoires peuvent intervenir d’ici les trois prochaines années afin d’empêcher l’implosion du RU.

Mais cela me semble improbable, car, la situation au RU et sa condition de sortie de l’UE, dépendront aussi de ce qu’il se passera sur un continent qui s’enfonce dans les abysses de l’inconnu.

 

RS

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