Dossier: Le Brexit et ses conséquences. Part. 3

Les conséquences du Brexit pour l’Union Européenne.

Les conséquences immédiates.

Au lendemain du Brexit, les places boursières européennes se sont effondrées. Si, une semaine plus tard, elles sont reparties à la hausse, les valeurs britanniques poursuivent leur chute.

J’assiste à quelque chose de très curieux depuis une semaine: j’ai l’impression que mes compatriotes se réjouissent du Brexit. En général, je constate que les Européens ne semblent pas prendre la mesure des conséquences de la sortie du Royaume-Uni.

Peut-être s’imagine-t-on profiter des retombées de l’affaiblissement de la deuxième puissance économique européenne?

Le Brexit a offert à l’Allemagne le rôle de chef de file de l’Union. A la suite du référendum, la première réunion au sommet entre chefs d’Etats européens s’est effectuée à Berlin, sur invitation de la Chancelière.

Cependant, l’effet le plus troublant de la décision britannique pour l’ensemble du continent, sera la flambée de popularité des thèses anti-européennes. Celles-ci sont l’apanage des courants extrémistes, et dans la conjoncture actuelle, gageons que les racialistes soient les plus puissants.

L’élection présidentielle autrichienne a été annulée pour irrégularité par le juge constitutionnel, le nouveau suffrage sera un indicateur sérieux de l’impact du Brexit au-delà des îles britanniques.

Et en France, Jean-Luc Mélenchon, qui pourrait passer au second tour et se retrouver face à Marine Le Pen, s’imagine-t-il qu’il ne soit pas criminel de jouer le sort de la France sur un coup de poker? Car, il est loin d’être certain que Mélenchon soit capable de réunir autour de lui le consensus national nécessaire afin de bloquer Marine Le Pen. Il n’a même pas l’envergure de Chirac!

J’aurais bien voulu dire que tous les Etats européens sont dans une situation similaire, mais ce serait oublier la récession qui frappe la Grèce, le Portugal, les déficits de l’Espagne, de l’Italie et de la Belgique, l’Irlande qui peine à sortir la tête hors de l’eau, l’extrême-droite au pouvoir en Hongrie, le drame de la Roumanie, et les difficultés des Slovaques, des Tchèques et des Croates. Et quid de l’angoisse des Polonais ou des Baltes face à une Russie poutinienne qui démontre que les frontières sont faites pour être franchies et changées en Europe, au XXIe siècle?

Ce climat d’incertitude, qui laisse perplexes les investisseurs concernant le futur proche de l’Europe, ôte tout doute à ceux qui s’imaginent encore qu’un gouvernement britannique quelconque négociera une sortie avantageuse pour le Royaume-Uni.

L’instinct vorace des acteurs économiques européens fera pression sur leurs gouvernements nationaux afin que ceux-ci ne lâchent rien aux Anglais, et, si ces derniers voulaient se faire avaler par les Américains, cela n’allait pas empêcher de dormir les banquiers français, néerlandais, allemands, luxembourgeois, espagnols ou italiens, ni même les banquiers suisses. D’ailleurs, si j’étais un banquier de la City, je me méfierais plus de mouvements venus de Chine, par exemple.

Néanmoins, les financiers sont aussi dépassés par les évènements, la montée des partis d’extrêmes en Europe est la préfiguration de l’écroulement de la construction européenne.

Certainement, cela signifie l’urgence qu’il y a à proposer une alternative à la direction qu’a prise l’Union, mais les échéances électorales, sur fond de menace terroriste et de tension sociale, vont prendre de court toutes les composantes des classes dirigeantes en Europe. Seuls les peuples ne seront pas surpris, mais divisés entre ceux qui seront enthousiasmés par cette fracture et ceux qui seront choqués, hébétés et qui ne sauront comment réagir, comme d’habitude.

C’est pour cela que les effets immédiats du Brexit pour l’UE sont à mettre sur deux plans:

d’une part, l’installation d’un climat économique extrêmement volatile qui se verra gravement impacté à chaque événement qui surviendra en Europe dans les deux prochaines années. Le cercle vicieux est donc à craindre d’ici peu pour l’économie européenne, car c’est un marché qui pourra bientôt susciter la méfiance des professionnels de la finance.

D’autre part, le sentiment anti-européen est aujourd’hui le facteur avec lequel joueront tous les politiques les moins honnêtes et les moins démocrates afin d’accéder au pouvoir. Sans sursaut démocratique populaire pro-européen à travers le continent, tout porte à redouter de nouveaux succès pour les extrêmes d’ici peu.

Les Britanniques ont tout simplement ouvert la boîte de Pandore.

 

RS

Publicités
Cet article, publié dans Europe, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s