De la guerre civile en France.

       Après la prise d’otages dans l’église de St-Etienne-du-Rouvray, au cours de laquelle deux assaillants islamistes ont égorgé un prêtre âgé de 84 ans et blessé un paroissien, Hervé Morin, ancien ministre de la défense, a utilisé l’expression de «guerre civile», en exprimant ses craintes sur les réactions possibles à cette vague d’attaques islamistes sur les sols européen et français.

En mai dernier, Patrick Calvard, directeur de la DGSI, fut le premier à tirer la sonnette d’alarme concernant une éventuelle spirale de représailles de la part de l’ultra-droite.

Cependant, depuis des années, beaucoup avaient prévu que notre société allait au devant de troubles internes très violents.

D’abord, il faut s’entendre sur le terme de guerre civile; une guerre de sécession n’est pas une guerre civile, tout comme une révolution ou une invasion.

La guerre civile est le conflit qui oppose différentes composantes d’une société au sein de ses frontières, dans une période où l’Etat est impuissant ou a disparu.

Il y a donc toujours plus de deux factions qui combattent, et ce n’est qu’a posteriori que l’on peut juger la nature de violences internes de façon certaine, car la guerre civile qui n’aboutit pas sur une réconciliation nationale est soit une révolution, soit elle a entraîné la disparition de l’entité étatique antérieure (ex-Yougoslavie, par exemple).

Aussi, c’est à la lumière du contexte dans lequel surviennent les violences que l’on peut le plus sûrement prévoir leur dénouement.

Selon le dernier sondage de l’Ifop, 67% des Français ne souhaitent pas voir Marine Le Pen à l’Elysée, ce qui démontre qu’entre les 11 et 13 juillet derniers, il lui aurait fallu convaincre 17% des électeurs, plus une voix, qu’elle fût meilleure à la tête de l’Etat que l’autre candidat du second tour pour gagner. Opération facile face à Mélenchon, Hollande et Sarkozy. Mission impossible contre Juppé.

Peut-on réellement affirmer que le nombre de 17% n’a pas diminué depuis le moment du sondage?

Quelle que soit la tournure que prendront les événements prochains, le FN est bien trop proche du pouvoir pour lâcher du leste à des sympathisants impatients d’en découdre.

C’est précisément lorsqu’il est aux portes du pouvoir qu’il faut se souvenir ce pourquoi le FN n’est pas un parti comme les autres. Si tous ses cadres et militants ne sont pas des racialistes totalitaires, tous les racialistes totalitaires sont au FN.

La discipline n’est pas une option dans ces courants de pensée, car sans discipline il ne peut y avoir de supériorité.

Alors que l’on m’explique comment et pourquoi, maintenant, justement, le FN utiliserait la force? Le FN, au cas où on ne l’aurait pas remarqué, n’a plus besoin de parler depuis 2012, hors temps électoral, presque pour la forme. Il laisse le terrorisme semer la terreur, la droite et la gauche se discréditer et se diviser, l’Europe s’effondrer, puisque tout semble aller dans son sens.

Au sommet du FN, l’on considère chaque graffiti raciste sur une mosquée comme une action retardant l’adhésion d’électeurs encore rebutés par un racisme crasse et vulgaire.

Au contraire, des affaires ont prouvé les liens entre les milieux d’extrême-droite et les islamistes, voire avec les émeutes dans les banlieues dites sensibles. L’islamisme nourrit le FN bien mieux que cent crises financières.

Il faut aussi rappeler que la mouvance Soral-Dieudonné est la vitrine dans laquelle s’affichent côte à côte des islamistes, des suprémacistes Noirs et des skinheads, que cette mouvance a des liens étroits avec le régime khomeiniste, et qu’elle est le fruit de la volonté du FN actuel d’élargir sa base électorale à ses futures victimes.

Toute la stratégie de conquête de pouvoir de Marine Le Pen et de son équipe s’effondrerait en permettant que la violence émane de leur camp.

Je suis convaincu que nous n’aurons pas de guerre civile en France, du moins jusqu’en 2017. Car, si elle passe, le terrorisme, et les émeutes qui ne manqueront pas de survenir, pendant qu’aucune majorité ne se dégagera à l’Assemblée, lui donneront l’occasion de mettre toutes les forces de l’Etat au service de sa politique. Ce sera un massacre; au mieux, la déportation et la spoliation arbitraire de millions d’individus, au pire, la déportation sera le prélude à un génocide. Mais dans tous les cas, la fin de la démocratie, la guerre, et l’effondrement d’une civilisation européenne placée sous la férule de la Russie, accompagneront ces crimes.

Si elle ne passe pas, c’est que Juppé aura réussi à neutraliser Sarkozy et  Fillon, sans oublier le centre et toute la gauche, car il me paraît de plus en plus clair que Hollande ne pourra demeurer au pouvoir que s’il faisait un coup d’Etat. Hollande n’a aucune chance face à Marine Le Pen aujourd’hui.

Donc, à l’heure où l’on ne peut que constater les limites des ambitions de prospérités universelles affichées par le libéralisme, où l’on subit un terrorisme islamiste en plein essor, où il est nécessaire de reformer l’Europe et la vie politique, nous, en France, sommes sur le point d’avoir pour Président de la République, Alain Juppé; libéral, conservateur, premier ministre sous lequel les plus grandes grèves eurent lieu depuis mai 1968, premier ministre lors des attentats du RER St-Michel et condamné par la justice. Il aura comme principal parti d’opposition le FN… Du pain bénit pour le clan Le Pen.

Il n’est même pas sûr que Juppé puisse mener son mandat à terme, tant les difficultés qu’il aura à surmonter seront grandes et ses moyens, pour les appréhender correctement, limités.

Marine Le Pen et ses sbires veulent le pouvoir, mais à leurs conditions. La refonte en profondeur des institutions de notre République sera nécessaire, et donc, cela ne pourra s’effectuer que lors de circonstances de désordres profonds. Ils se disent que plus ils attendent, plus la situation sera mûre et leur projet antidémocratique facile à achever, puisqu’ils sont les mieux placés pour savoir qu’il n’y aura pas de guerre civile tant qu’ils n’en voudront pas.

Tant qu’une nouvelle gauche n’émergera pas, nous serons donc des cibles en foire pour les islamistes, certains de nos quartiers vont s’embraser davantage, nos élites continueront de nous prendre pour des imbéciles en passant pour des bouffons, jusqu’à ce que Marine Le Pen arrive au pouvoir, et que le processus infernal ne s’enclenche avec la bénédiction d’une population véritablement à bout.

Tout compte fait, il semblerait même qu’elle ne veuille pas d’une présidence qui la forcerait à faire des concessions politiques dans quelques mois; elle a déjà opté pour un début de règne absolu dans les années 2020.

Non, d’ici 2017, il n’y aura pas de guerre civile.

 

RS

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