François Fillon en tête de la primaire à droite.

       A l’issue du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon et Alain Juppé seront les deux personnalités en lice le 27 novembre prochain pour la désignation du candidat officiel.

François Fillon est arrivé en tête du scrutin et est en bonne voie pour remporter l’investiture de son camp politique.

Donné perdant jusqu’à très récemment, le dernier débat télévisé des sept candidats a manifestement été un tournant pour l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Du point de vue de l’électorat de droite, le résultat d’hier indique une adhésion, mais aussi des rejets.

Bruno Le Maire et NKM ne comptaient pas vraiment devenir les futurs présidents de notre République; ils se positionnaient pour leurs propres carrières. Tactique classique s’il en est. Malheureusement pour lui, Jean-François Copé, qui a adopté la même démarche, n’en tirera aucun bénéfice.

Les électeurs ont rejeté Nicolas Sarkozy; la perspective de rendre fou l’électorat de gauche ne fut pas suffisante.

Car la droite souffre, et elle souffrait avant 2012. Depuis Chirac (en réalité, dès Giscard, ce fut le cas), nous avons l’impression que la droite est avant tout libérale, alors qu’elle est plutôt conservatrice, mais elle n’a pas eu de leader sérieux jusqu’à ce que François Fillon se mette en avant. La droite est autant libérale que la gauche quand celle-ci accède aux commandes et cela n’a échappé à personne. Le sujet du traitement de la fonction publique n’existe que parce qu’il représente des enjeux électoraux cruciaux pour la gauche qui perd des pans entiers de son électorat classique. Les gens qui votent pour la droite expriment plus le souhait que la société française demeure figée dans les trente glorieuses, voire, les années 1990 pour les plus jeunes, que celui de supprimer le RSA et la CMU. La présence symbolique de M. Poisson n’a fait que confirmer cette thèse, tout comme l’importance du soutien des mouvements actifs dans la «Manif’ pour tous».

Le PS a obtenu ce qu’il voulait: empêcher le retour d’un Sarko que l’on sait revanchard. Mais il n’a pas réussi à imposer Juppé pour l’instant. Les conservateurs ne sont pas tombés dans le panneau de soutenir un homme condamné, et il est peu probable qu’ils le fassent lors du second tour, mais pas impossible, avec la structure ouverte des primaires.

Il faut bien souligner que si Juppé n’est pas arrivé en tête, c’est parce que seuls les sympathisants de la droite et du centre se sont déplacés. La gauche et l’extrême-droite n’ont pas influencé le résultat.

Même si le passé judiciaire de Juppé semble faire moins honte que les affaires en cours dans lesquelles Nicolas Sarkozy est cité, les électeurs de droite ne veulent plus rougir de leurs dirigeants.

Enfin, François Fillon possède sur Alain Juppé l’avantage de l’âge pour un camp qui entend bien se maintenir au pouvoir en 2022. Et ils pensent, comme tout le monde, que Fillon ne sera pas pire que Hollande, comme la majorité était certaine que Hollande ne pouvait pas faire pire que Sarkozy.

Pensez: Fillon veut abolir les 35 heures. Quelle réaction peut-on attendre du monde syndical? Est-ce que cela n’entravera pas la reprise économique qu’il prévoit?

Afin d’éradiquer Daesh, il veut ouvrir une ambassade à Damas. Mais ce ne sont pas les moudjahidins en Syrie qui nous attaquent. Quid des réfugiés qui se sentiront trahis si l’on renoue des liens avec Assad?

Fillon veut se rapprocher de la Russie de Poutine, il n’est pas le seul, Mélenchon et Le Pen ne prônent rien d’autre. Faut-il vraiment autant aider les Etats-Unis à se désengager après l’élection de Trump? Parce que la conséquence directe sera que l’Europe se retrouvera seule, divisée et en première ligne et ainsi elle sera obligée de faire de lourdes concessions aux pires régimes qui l’entourent.

A la rigueur, avec un réseau et des relais, François Fillon pourrait se représenter en 2022, même si son quinquennat sera aussi difficile que celui de ses prédécesseurs, et certainement encore plus s’il applique son programme, mais François Fillon devra gouverner sans appui, pas même dans son camp passé maître dans l’art du sabordage.

C’est la situation qui empêche aujourd’hui François Hollande de briguer un second mandat. Le candidat à la candidature François Fillon doit donc, dès à présent, structurer une équipe de fidèles compétents s’il ne veut pas finir comme ceux à qui il s’oppose aujourd’hui et devenir le président sous qui l’instabilité parlementaire se sera installée. Une place, jusque là, réservée à Alain Juppé.

Bonne chance!

 

RS

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