Pronostics sur des canassons.

       Nous voilà en France à la veille d’élections nationales majeures.

L’incertitude qui plane sur le devenir proche de notre vie politique n’est pas un phénomène typiquement français, mais c’est celle qui nous intéresse ici.

Puisque les présidentielles vont influencer le résultat des législatives, il semble logique de commencer par étudier ce volet.

De gauche à droite, et sans compter les micro-candidatures, nous aurons Mélenchon, Jadot, le candidat issu de la primaire des gauches, Macron, peut-être Bayrou, Fillon, Dupont-Aignan et Le Pen.

Cette dernière est certaine d’arriver en première place pour le second tour. Je persiste à penser que si, par malheur, plus de deux attentats majeurs se produisaient en France, d’ici le mois de mai 2017, Marine Le Pen pourrait se faire élire dès le premier tour avec 50% plus une voix.

Cependant, je ne crois pas que cela sera possible aux islamistes et que cette éventualité se concrétisera.

Aussi, le candidat arrivé en seconde position du premier tour deviendra certainement le futur chef de l’Etat, sauf s’il s’agit de Jean-Luc Mélenchon. La France a trop fait reposer sa richesse sur le patrimoine pour que la majorité des Français ne préfèrent pas l’extrême-droite à l’extrême-gauche, si les évènements les réduisaient à faire ce choix.

Malgré tout, il n’est pas impossible que Mélenchon parvienne à percer, car si Macron prend plus de voix à droite qu’à gauche et que le candidat désigné par la gauche de gouvernement soit un Montebourg, un Hamon ou un Filoche, l’électorat de gauche sera plus enclin à tenter la carte Mélenchon.

En fait, même si Manuel Valls sortait vainqueur des primaires, il ne sera pas à plus de cinq points au-dessus de Jean-Luc Mélenchon.

C’est ce qui me pousse à dire qu’avec à peine 20% au premier tour, François Fillon est sûr de devenir le prochain président de la République. Si Alain Juppé ou même Nicolas Sarkozy avaient été élus, ils auraient gagné avec un score similaire.

Il est donc plus que probable que LR remporteront la majorité des sièges à l’Assemblée, lors des législatives à suivre. Vu que l’on ne connaît pas encore exactement les modalités de cette élection (proportionnelle ou pas et quel degré de proportionnalité), il serait bien hasardeux de prédire le nombre de sièges du FN, mais deux choses sont prévisibles d’ores et déjà: d’une part, il y aura au moins une dizaine de députés FN ou affiliés, et, d’autre part, le FN ne représentera pas 30 à 35% des membres de l’Assemblée nationale, alors que ce sera le résultat de leur présidente aux présidentielles.

Ajoutons à cela, les blocages syndicaux auxquels François Fillon devra faire face, un redressement économique qui n’interviendra pas puisqu’il ne dépend pas de la politique d’un gouvernement précis, mais d’une conjoncture internationale qui se moque pas mal de la santé économique de quelques pays européens. Je vois mal les barons LR soutenir un Fillon contre vents et marées, surtout si, de surcroît, les attentats ne cessaient pas… Et François Fillon n’a rien compris au problème; il en a fait un livre.

Evidemment, normalement, le PS ne devrait pas survivre aux deux défaites qui l’attendent en 2017.

Avec l’expérience que l’on a de cette formation, il est pourtant probable que le PS se maintienne en vie, de par l’acharnement thérapeutique de la part de mammouths qui auront tout à perdre à voir disparaître la vache (sacrée) à lait qui les nourrit depuis des décennies.

Il est clair qu’Emmanuel Macron ne correspond pas à un quelconque renouveau de la gauche. Il est le Lamartine de son temps, le talent littéraire en moins, l’honneur de se faire comparer, en plus.

Si la gauche persiste dans son choix de favoriser l’extrême-droite, juste pour se différencier de la droite sur le seul domaine de l’islamisme, alors, la gauche n’a plus de futur. Car une fois Marine Le Pen au pouvoir en 2022, il n’y aura plus de gauche.

Ce qui est assez ironique, lorsque l’on pense que ce serait plus aux niveaux économiques et sociaux que gauche et droite devraient se disputer le gouvernement, en faisant montre d’unité face à une agression étrangère, mais ils font l’exact opposé.

Cependant, le PS ne pourra pas non plus sortir indemne des élections de 2017. Il y aura scission et au moins un nouveau parti émergera. S’il ne propose pas un nouveau cadre idéologique aux progressistes, raisonnable et adapté, alors ce parti ne servira à rien d’autre qu’à faire mousser un personnel aveuglé par l’ambition et totalement déconnecté des attentes des citoyens.

Il n’y a que cinq ans pour agir.

 

RS

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