Marine et Manu en direct.

       J‘admets ne pas avoir vu venir l’ancien ministre de l’économie; mais, comme prévu, Marine Le Pen est au deuxième tour, et a terminé devant tous ses autres concurrents du premier tour.

Il faut aussi préciser que les affaires touchant François Fillon n’étaient pas encore connues, aussi, était-il impossible d’imaginer l’effondrement de son soutien.

La force de Fillon résidait dans sa présupposée honnêteté, comme je l’ai écrit.

J’admets d’autant plus volontiers m’être trompé dans les détails de mon pronostic, que je pense que le pays a gagné au change. J’adhère nettement plus au discours d’Emmanuel Macron qu’à celui de François Fillon.

Au lendemain du débat qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, cette conviction est renforcée.

Non seulement il a été plus clair, mais, en plus, il a présenté de profonds changements, importants à mes yeux, comme la réduction du nombre des parlementaires et le non-cumul, par exemple.

Mme Le Pen a été parfois violente, parfois cruelle, mais souvent langue de bois, toujours vague et assez vulgaire, comme peuvent l’être certaines bourj qui ont grandi avec papa qui est toujours en réunion.

Malgré tous les efforts des mélenchonistes (i.e. d’un gauchisme ayant pratiquement perdu sa moelle épinière), Marine Le Pen ne passera pas cette fois. Ce qui rend la tâche singulièrement facile pour M. Macron, pourtant sans écurie politique; il fallait l’effondrement de LR pour qu’il accède au second tour, ce que les mélenchonistes nieront.

Mais y a-t-il raison de se réjouir, ou même d’espérer?

Dans la Ve République le président ne gouverne pas. Le premier ministre avec le gouvernement représentant la majorité de l’Assemblée nationale dirigent le pays. Donc, sans majorité, M. Macron ne pourra pas appliquer son programme. Et il n’aura pas de majorité. J’entends par là, qu’il pourra sans doute dégager une coalition dont En Marche serait le centre, mais que cette coalition ne pourra pas durer, parce que les personnes peuvent changer d’étiquette politique, mais elles ne peuvent se changer pour autant. M. Macron jouera le rôle d’un président du Conseil sous la IVe République. Mais il ne démissionnera pas et, dans moins de trois ans, il sera obligé de dissoudre.

Un parti nouveau comme En Marche ne pourra pas s’opposer à une grande part de proportionnelle pour les législatives, ce qui pourrait offrir 30% des sièges à un Rassemblement Bleu Marine incluant le FN, mais pas Debout la République, ou d’autres qui pourraient émerger après l’explosion de LR. Car il paraît fort improbable qu’une majorité de droite républicaine puisse se dégager lors des prochaines élections. Ils vont être sûrement le premier parti au parlement dans les deux chambres, mais, avec les alliances, je ne doute pas beaucoup du potentiel attractif d’un portefeuille ministériel, et qu’Emmanuel Macron saura persuader assez de monde pour dégager une majorité éphémère.

Mais, ce que j’exclus totalement, c’est une victoire du PS.

Et si, encore une fois, je me trompais et que LR allait remporter les législatives, il serait encore plus certain qu’ils n’appliqueront pas le programme de M. Macron.

Ce que je veux faire ressortir, c’est que Macron ne pourra jamais mener sa politique et ses réformes.

Les syndicats vont tout bloquer à la moindre tentative de réforme puisque la gauche de gouvernement est assimilée à la droite, voire, à l’extrême-droite.

Donc, les résultats ne seront pas au rendez-vous.

De même, je crains que les djihadistes n’épargnent pas particulièrement la France ces prochaines années, ni que le futur chef de l’Etat insufflera l’amour de la patrie à toute une partie de nos concitoyens.

Ce qui est dommage, c’est que Marine le sait, et qu’Emmanuel ne l’a visiblement pas compris. Il échouera. Il a été choisi pour assurer le fardeau d’être celui qui sera obligé de donner les clés de la République au clan Le Pen.

Marine Le Pen ne veut pas du pouvoir en 2017. Il lui faut une équipe gouvernementale, et sa seule façon de l’obtenir serait de profiter de la déconfiture de la droite républicaine. Il lui faut moins de cinq ans pour cela (d’où le rôle d’opposante, et non de présidentiable, qu’elle a joué hier soir)…

Parce que ce qui fait la différence entre les pourris, les incompétents et les lâches qui nous gouvernent depuis plus de quarante ans et Le Pen et Mélenchon, c’est que ces derniers, une fois au pouvoir, réduiront encore plus drastiquement les possibilités des citoyens de s’opposer à leurs politiques ou celles de jouir de leur liberté d’expression politique.

Une fois au pouvoir, je ne vois pas le FN le remettre au suffrage universel sans avoir bien faussé le jeu en amont. C’est donc pour cela que la constitution d’une équipe gouvernementale est le véritable enjeu actuel pour Marine Le Pen.

Ce n’est pas très compliqué, il lui suffit de ne rien faire et de laisser venir à elle des élus désireux de conserver leur siège quand elle sera à 45% dans les sondages. Je promets de gros «chocs».

Instabilité parlementaire et explosion du paysage politique sont les deux ingrédients principaux pour un changement brutal de régime. Pour l’heure, jamais ce ne fut au bénéfice d’une révolution prolétarienne dans les sociétés dans lesquelles la classe moyenne était dominante.

Mais selon Mélenchon et son électorat de bobos, je n’ai rien compris.

 

RS

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