À propos

      Cassandra, ou Kassandra (Κασσάνδρα en grec ancien) est, dans la mythologie grecque, la fille du roi de Troie, Priam.

Apollon lui donna le don de voir l’avenir, mais puisqu’elle se refusa à lui, il la condamna à ne jamais être crue par quiconque.

Afin de présenter ce blog, je me sens dans l’obligation de me présenter moi-même, malgré ma répugnance à cet exercice.

Je suis né à Paris, en 1979, j’ai grandi entre le XXe, la Courneuve et le XIXe arrondissement. Etant diplômé en droit international, j’ai compris au terme d’une année de stage en cabinet d’avocats, que je n’étais pas fait pour devenir praticien du droit.

Ayant grandi dans un foyer sans télévision, éduqué par deux parents profs, mon attrait (bien guidé) pour la lecture s’est dirigé vers l’Histoire qui est devenue ma passion.

Rapidement, j’ai compris que la politique était l’écriture de l’Histoire au présent. Aussi, dès mon adolescence, je me suis pris d’intérêt pour toutes les affaires du pays et du monde.

Plus j’apprenais, plus, malgré moi, se profilait le futur de la France et de l’Europe. Ce futur était sombre et s’assombrissait davantage que je prenais conscience de tel rouage de la psychologie des masses ou que j’étudiais telle institution à l’université. A mon sens, tout était fait pour que l’on se dirige vers la catastrophe.

Et donc, comme certains d’entre vous en ce moment, peut-être, je croyais me monter la tête, comme on dit, avec mes propres fadaises.

Avec une méthodologie de juriste, j’ai mis par écrit, sous forme de plan détaillé, l’ensemble de mon analyse afin de la mettre à l’épreuve d’un raisonnement plus rigoureux qu’une simple réflexion, mais aussi afin d’essayer d’articuler un cadre qui pourrait permettre d’apporter des solutions.

Mon violon d’Ingres, était donc un plan détaillé de plus de vingt pages, ce qui devait devenir un ouvrage en trois ou quatre volumes.

J’aurais bien pu continuer de couler des jours paisibles, la carrière professionnelle que j’avais choisie me convenait parfaitement, jusqu’à peu, j’étais persuadé que tout ce que j’avais à dire, quelqu’un d’autre pourrait le dire et bien mieux que moi.

Cette personne ne s’est pas encore manifestée.

Mais avec le temps, non seulement ma capacité d’anticipation s’est affinée, mais en plus, les évènements, eux-mêmes, donnaient raison à mes prédictions, comme me le faisait remarquer mon entourage de plus en plus fréquemment.

Or, il n’est rien au monde que je ne souhaite plus que d’avoir tort dans ce que je vois advenir.

Mes analyses prospectives m’ont conduit à un choix moral: soit je pensais avoir tort et je devais arrêter de me torturer le cerveau avec un futur improbable et déprimant, soit j’essayais de contribuer à arrêter le processus infernal enclenché.

Peu à peu, j’ai donc tout abandonné afin de me consacrer à la rédaction de mon essai politique.

Je dois avouer, que j’ai beaucoup tâtonné, et qu’avant cela, j’ai bien hésité avant de me lancer corps et âme dans cette folle aventure. Mais toujours, mes proches, qui s’intéressaient à mes analyses, et surtout la succession des événements eux-mêmes, me forçaient à persévérer.

Je vous l’ai dit: j’y suis allé un peu à reculons. D’abord, j’ai constaté que des personnalités à qui j’avais envoyé mon plan pour l’évaluer, y voyaient une thèse universitaire, ou un savoir conséquent. Personne n’a remis en cause l’enchaînement logique ni le raisonnement exposé.

Ensuite, j’ai entrepris définitivement la rédaction de l’essai.

N’étant personne, je croyais que l’ouvrage devait légitimer ma démarche, et que pour justifier chacune de mes assertions, je devais au lecteur d’innombrables développements.

Je me suis dit aussi, à la même époque, en 2009, qu’outre écrire un livre, pour agir en tant que citoyen, il fallait entrer en politique.

Une de mes convictions est que le renouvellement de la politique doit se traduire par un renouvellement de la gauche avant tout. Il faut que la gauche sorte du marxisme, ou du socialisme en général, si nous voulons que la démocratie survive à une ou deux générations de maintenant.

Par le passé, la gauche française a su, lors de grands moments historiques, repenser son cadre, son action, et son expression.

J’ai donc adhéré au PS.

Pendant un an j’ai été un militant assidu, et j’ai constaté chez mes camarades, un profond attachement à la chose publique, à l’intérêt général.

Mais les cadres, à Solférino notamment, ont tout verrouillé. Les motions votées sont bafouées, tout ne se résume qu’à une lutte des chefs, ce qui revient à une lutte des écuries autour de trois ou quatre personnalités, en période d’opposition.

Au lieu d’utiliser ce temps à se restructurer afin de proposer un véritable programme novateur et efficace pour les Français, les dirigeants du PS ont joué aux tontons flingueurs. Alors ce qui se déroulait apparu clairement à mes yeux.

Sachant que le candidat du PS serait le prochain Président de la République, grâce à la campagne médiatique anti-sarkoziste qui avait duré cinq ans, la seule obsession des poids lourds de l’opposition était de se positionner en tant que candidats.

Comme lors de certaines élections de papes au Moyen-Age, ils ont choisi le pus faible afin de pouvoir préserver leur pré-carré. Hollande possédait le plus petit réseau au sein du parti.

Mais en 2010, je ne pensais pas à Hollande en particulier, je pensais à la gauche en général, pas prête, qui allait assumer le pouvoir lors d’une des phases économiques les plus sensibles de notre histoire moderne. Avec la situation internationale en arrière-plan qui chaque jour s’invitait davantage dans notre pays, l’échec prévisible et incontournable de la gauche allait devenir le boulevard qui mènera le FN à l’Elysée et au Palais bourbon.

En participant à la prise du pouvoir en 2012 par la gauche j’allais devenir complice de la montée du FN, et ça, je ne pouvais l’accepter.

J’ai donc quitté le PS vers fin 2010.

Mais, en cumulant petits boulots afin de payer un loyer et mes recherches pour la rédaction de l’essai, je m’apercevais du temps qu’il m’aurait fallu pour mener mon projet à son terme. Alors que les évènements s’enchaînaient, que le moindre soupçon d’un discours auquel je pouvais me rallier était absent, je ne pouvais pas me permettre de mettre douze ans à écrire un livre.

C’est pourquoi lors de l’été 2011, j’ai choisi l’option de n’écrire que la partie prospective et programmatrice de mon ouvrage, et j’étais sur le point de l’achever, peu après les élections en 2012, mais le résultat ne m’avait pas plu; je le trouvais trop péremptoire.

De plus, la réjouissance qui régnait lors de l’élection de François Hollande me déprimait.

Cet aveuglement de mes contemporains, ce sentiment indu de revanche, exacerbait ma frustration, puisque personne ne trouvait d’arguments à m’opposer autre que l’espoir que Hollande fasse mieux que Sarkozy; comme si changer les personnes qui exercent une même oppression allait atténuer les effets de cette oppression.

J’ai donc traversé une longue période de doute concernant la pertinence de ma démarche, après déjà pas mal d’années perdues, et en observant avec quelle insouciance nous nous dirigions droit dans le mur.

En 2013, en apprenant qu’une législative partielle allait avoir lieu et que l’extrême-droite avait des chances de passer, j’ai pris contact avec le candidat UMP afin de proposer mes services gratuitement. Je suis devenu coordinateur de campagne pour l’UMP, sans être membre de ce parti.

Au bout d’une semaine, j’ai compris que son problème venait de l’UMP, qui avait du passer un accord avec l’UDI, l’envoyant au fiasco sans que mon candidat ne le comprenne. Je l’ai donc informé de mon analyse. Il m’a pris pour un imbécile, et le lundi d’après il avait embauché un co-coordinateur de campagne.

Le candidat UDI s’est fait élire.

Je me suis dit que je devais absolument me remettre à mon essai, dont je venais de trouver la forme définitive.

Cette nouvelle rédaction, ce nouveau travail de compilation, m’a pris trois ans.

Depuis novembre dernier, le manuscrit est terminé, et j’ai entrepris des démarches auprès d’éditeurs, de quelques intellectuels et d’universitaires.

D’après ce que je retiens, le domaine de l’essai politique est réservé aux universitaires, aux politiciens, et aux journalistes. Afin de critiquer le système, il faut en faire partie.

Je ne suis pas naïf, mais je pensais, dans les circonstances actuelles, que commercialement, un essai politique, qui, pour une fois apporte des solutions, ou plus généralement, désigne dans quelle direction chercher les solutions à nos problèmes, était exactement ce que le public attendait.

Il s’avère parfois, que la logique commerciale soit, elle aussi, contraire à ses intérêts, car engoncée dans des dogmes qu’elle s’impose.

Les éditeurs vendent très bien les livres qui nous expliquent pourquoi les choses ne fonctionnent plus, mais aucun n’apporte de réponse. Les ouvrages universitaires sont nécessairement limités aux disciplines abordées. Quant aux livres des politiciens, quand ils les écrivent, depuis combien de temps a-t-on vu le dernier écrit dans une langue correcte et avec un tant soit peu de profondeur, présentant ne serait-ce que l’esquisse d’une vision?

Voilà ma situation. Si je rentre dans le système, je ne suis plus crédible quand je le critique, et si je reste en-dehors, je ne peux participer comme je le souhaite à la vie démocratique.

Le format du blog me semble donc le plus adéquat pour que je parvienne à faire porter ma voix plus largement. Et il me semble que si je n’y parvienais pas ici, ce sera certainement la fin de tout espoir pour que mon travail ne soit jamais utile à quiconque.

Les dossiers de Cassandra, sera un lieu dans lequel je commenterai l’actualité, partagerai mes réflexions sur certains thèmes, et développerai des idées se trouvant dans mon essai. Eventuellement, j’en publierais des extraits.

 

RS